écorces des mots

s'effritant face

à la nuit

Installation

[2019-2020]

 

papiers divers, chutes de papier et de carton,

encre, gouache, fusain et fil

[vue d'exposition, Ateliers de la Ville en Bois, Nantes, 2020]

Nous sommes les oiseaux | morts dans nos gorges

 

 

sommes-nous

la somme des

 

Les structures précaires,

narration fragmentée

de nos

 

Des cris silencieux

les chants étouffés

 

Sans nous avec dans

les .non.

les noms des oiseaux des morts

-

les chutes

les restes

les miettes

-

Dire les tus

les sous les nous volent

peut-être encore

pas tout à fait vivantes.

 

Ce qui respire

qu’avons-nous fait ?

 

de nos corps les êtres

oubliées refusées ravalées

 

de nos luttes les tempêtes

lissées délaissées tempérées

 

de nos manques les trous

impossibles à

Ce qui meurt

à chaque naissance

ce qui nous fait -

Rien de remarquable,

les fragiles résistances

les existences négligeables

 

est-ce

sommes-nous

 

archives incomplètes

cimetières de poèmes

accumulations de béances

 

il est temps est-ce nous

la somme des limites des seuils

 

Les voix brisées cassées

les bris les débris déchets cadavres cailloux

existent

dans par au sein ce qui vit

tremble

 

il est temps de voir

les oublis ce qui empêche de voir

les points aveugles des histoires

à raconter

-

marges

centres

creux

-

Résister avec des sommes-nous

recueillir les effacées

faire la morte faire un somme

Se réveiller l’être l’oiseau le mot

 

tenir debout, être morte à l’envers

tenir vivante, être à l’endroit du chant.

© Célina Guiné 2020